Les abris (1): En hiver
Il n'y a pas de régles établies pour choisir un type d'abri. Il faut toutefois tenir compte des paramètres suivants :
En forêt :
Il faut distinguer la forêt de feuillus (qui n'a plus de feuilles l'hiver) et de résineux (hors mélézes). Les arbres de la forêt sont d'excellents "coupe vent". C'est encore mieux dans une forêt de pins ou de sapins.
Contrairement aux feuillus, les pins et sapins constituent des abris grâce à leur végétation. Le pied des arbres constitue des sortes de "fosses" avec une accumulation de neige tout au tour. En basse altitude ou lors d'hivers peu ennneigés, la base du résineux peut être même dépourvue de neige. Il est aussi possible de couper des jeunes branches de pins ou sapins pour constituer un matelas isolant du froid ou pour renforcer un abri. En fonction des vents dominants, on peut également s'abriter derrière un tronc d'arbre ou faire un trou dans la neige derrière le tronc.
Ci contre un abri réalisé à l'aide d'un poncho, tendu aux extrémités supérieures sous lequel un lit de branchage à été placé. Cela permet un abri efficace à condition de tenir compte des vents dominants.
Tout dépendra de la quantité de neige. S'il y a peu de neige, on utilisera tous les trous possibles tel que : fossé, congére derriére un caillou ou un mur. S'il y a beaucoup de neige, et c'est généralement le cas en haute montagne, on fera un trou dans une congére ou dans une pente enneigée, une tranchée ou un igloo.
La neige est un bon isolant dont on doit savoir profiter. Les esquimauds savent l'utiliser. Toutefois pour construire un igloo il faut une neige adéquate et disposer d'un certain temps. Cette solution ne sera donc pas toujour possible dans les cas d'urgence. On choisira donc la construction d'un abri plus rapide tel que :
Un trou sous forme de grotte dans une pente de neige ou une corniche pour une ou plusieurs personnes allongées ou en position fœtale. Avant de s'engager à faire le trou, il est fortement recommender de sonder au préalable (hors de la recherche en avalanche, la sonde trouve ici son utilité) pour s'assurer que l'on dispose de suffisemment d'épaisseur de neige.
L'igloo traditionnel construit avec des blocs de neige suffisemment compactes. Cette technique nécessite du temps et un entrainement (2 à 3 heures pour faire un igloo pour 2 ou 3 personnes).
Dans tous les cas, essayez de faire une fosse à froid. En effet, l'air froid étant plus lourd que l'air chaud, il est préférable d'être allongé légérement plus haut que la surface du sol. Certains feront cette fosse à froid au milieu de l'abri (en dormant de part et d'autre), autour de l'abri ou encore mieux à l'entrée de l'abri. Pour éviter une entrée d'air trop importante surtout lorsqu'il y a du vent, on peut faire un sas d'entrée sous la forme d'un tunel.
Tous ces abris de fortune ne sont pas sans inconvénients. On peut citer :
L'utilisation de la couverture de survie comme protection pour "boucher" le trou. En général en situation de survie il y a du vent, une chute de neige ou les deux combinés. Si vous parvenez à maintenir une couverture de survie dans le vent, prevenez nous !
La neige peut être totalement étanche à l'air. D'où risque d'asphixie. Il faudra donc créer une ventilation, surtout si vous employez un réchaud ou une bougie dans votre abri, en faisant un trou à la partie supérieure de l'abri (avec le piolet ou un bâton de ski) que vous entretiendrez ouvert et en ne fermant pas hermétiquement l'entrée (mettre un sac par exemple).
Les abris de neige (trous, tranchées, igloos) nécessitent un travail et un effort important (mais sont efficaces) alors que l'abri rapide manque parfois de confort vis à vis des courants d'air.