L'amadouvier

Publié le par Marc

L'amadouvier, Fomes fomentarius (L. : Fr.) Fr., est un champignon lignicole poussant sur des arbres morts ou vivants :

Son chapeau, en forme de sabot de cheval, mesure de 10 à 50 cm de diamètre. Il est bossu au sommet, gravé de sillons concentriques formant entre eux des bourrelets plus amples au début, plus étroits avec l'âge. Dans un premier temps légèrement veloutée, la surface devient glabre, brillante, par la formation d'une croûte dure de 1 à 2 mm d'épaisseur, blanc sale, brun foncé, gris plus ou moins sombre. Les tubes formant l'hyménium sont longs, de couleur brun-rouille et multistratifiés. Ils débouchent sur des pores fins (0,2-0,4 mm de diamètre) et arrondis, de couleur gris clair puis brunâtre. L'émission des spores se fait en avril-juin. La chair immédiatement sous la croûte dure peut mesurer de 2 à 5 cm d'épaisseur. De couleur brun fauve, ressemblant à du liège, excoriée en flocons de bourre, de consistance ouatinée et cotonneuse, cette zone du champignon est utilisée pour fabriquer l'amadou.

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Au sommet du champignon, un noyau mycélien d'aspect marbré à la section assure le contact avec l'arbre.

L'amadouvier est quelquefois saprophyte, vivant sur des arbres morts, mais il parasite fréquemment des feuillus vivants. On le rencontre généralement sur le platane, le bouleau, le peuplier, le chêne, l'aulne… Mais, en bien des lieux, son habitat préférentiel est la hêtraie.


A l'époque préhistorique, les hommes allumaient le feu grâce à des étincelles produites par la percussion d'un morceau de bisulfure de fer marcassite ou pyrite contre une roche dure (du silex, par exemple).
Pour récupérer l'étincelle, il était nécessaire d'utiliser une substance capable de s'embraser facilement. L'amadou, chair de l'amadouvier, compte parmi les matières les plus efficaces dans ce domaine.

Les étincelles produites ne peuvent que difficilement mettre le feu à un morceau d'amadou. Pour être efficace, il doit être traité et conservé à l'abri de l'humidité.

Différentes méthodes furent utilisées pour améliorer l'amadou. Le traitement au salpêtre était au XVIIIème siècle le plus communément employé en Europe.

Ainsi, le mycologue Persoon (1761-1836) nous donne une description précise de ce procédé :

"Voici la manière de préparer l'amadou . Après avoir exposé l'amadouvier dans un milieu frais ou dans une cave, pour le faire ramollir un peu, on le coupe ensuite par tranches minces ; on rejette la partie par laquelle le champignon adhérait à l'arbre ; on retranche aussi les tuyaux : on bat ces lames sur une pierre unie ou sur un billot de bois avec un marteau de bois ; on les dispose ensuite par lits dans une grande marmite de fer ou un chaudron ; on y verse de l'eau en suffisante quantité pour que le tout surnage, et on ajoute du salpêtre selon la quantité d'amadou : on fait bouillir le tout une demi-heure ou une heure. Après ce temps, on retire ces tranches et on les fait sécher lentement à l'ombre ou dans un lieu médiocrement chaud ; ensuite on recommence à battre."

Des bains dans une solution de poudre à canon, de suint extrait de la laine de mouton ou de cendres ont parfois été utilisés.

Utilisation médicale :

Principalement dans le cadre de confection de pansements hémostatiques, placé sur de petites hémoragies.

On peut signaler d'autres usages médicaux de l'amadouvier. Il a été employé en Europe pour traiter les règles douloureuses et les problèmes urinaires et en Hongrie, pour lutter contre le mal de tête et la transpiration excessive. L'amadouvier était également employé par fumigation contre les hémorroïdes. Dans la médecine traditionnelle indienne, il était connu pour ses propriétés diurétiques, laxatives et toniques. En Chine, on l'utilisait pour le traitement des crises de foie et de certains cancers.


Lien de travail, article inspiré de :

futura-science

 

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Publié dans Botanique

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